Récif de Tiputa, Rangiroa

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Le centre de plongée TOPDIVE de Rangiroa, rénové il y a peu de temps, vient de rouvrir ses portes. Malgré quelques petits détails techniques à régler dans le centre, celui-ci nous accueille avec une grande convivialité.

Situé sur l’axe central de l’atoll, qui représente un espace insulaire de près de 12 km, le centre de plongée occupe une position stratégique au milieu des 2 passes : Tiputa et Avatoru. Nicolas Bernard le chef de centre, un grand blond très dynamique qui ressemble plus à un surfeur qu’à un plongeur, est notre moniteur pour cette matinée.
Palanquée à Moorea

Plongée dans la passe de Tiputa à Rangiroa

Pour cette immersion, je rejoins une palanquée composée d’un couple de Los Angeles, Ken et Maya (que je connais déjà bien), et d’un plongeur japonais aguerri, Onishi San, un habitué des eaux de Rangiroa.

Contrairement aux îles sous le Vent, les atolls des Tuamotu sont connus pour les conditions rudes qu’ils peuvent proposer. Rangiroa est un stéréotype classique – une île déserte, avec très peu de végétation et des conditions de mer difficiles. Ce sont certainement ces conditions si hostiles qui poussent les habitants de cet atoll à se montrer autant chaleureux et serviables.
A TOPDIVE Rangiroa, tous les briefings sont effectués au centre de plongée étant donné que la plupart des sites sont à côté de celui-ci. Les plongées se font généralement dans des courants très forts et les consignes du guide doivent être respectées à la lettre. Après le réglage du matériel, on monte à bord du zodiac. Les américains se plaignent discrètement de l’espace limité sur le bateau. En effet, ces plongeurs globe-trotters sont plus habitués aux grands et spacieux bateaux qu’on peut trouver dans les centres de plongée à travers le monde. Onishi San, lui, reste stoïque du fait des nombreuses plongées qu’il a déjà effectué à Rangiroa ces 17 dernières années. Dans cet atoll, l’utilisation des bateaux semi-rigides est de rigueur pour la simple et bonne raison qu’ils facilitent les manœuvres dans des conditions de mer intenses.

Près de la passe de Tiputa, nous avons prévu une plongée de récif durant laquelle nous longerons la barrière de corail en descendant rapidement aux environs des 27 mètres. Comme Nicolas le dit lui-même, « Plonger à Rangiroa est une véritable randonnée !». Cet exercice est censé nous mettre en contact avec le gros du “trafic” de la passe.

Enfin prêts, une bascule rapide et nous descendons aussitôt dans le bleu… c’est un peu déconcertant d’arriver dans ce paysage dépourvu de repères visuels. On se rassure… N’arrêtons pas de palmer et suivons notre divemaster ! Il va sûrement nous ramener vers un quelconque point de référence. L’eau est plutôt fraiche, considérant la période de l’année. Heureusement, j’ai choisi une combinaison intégrale au lieu d’un shorty, elle me tiendra d’avantage au chaud. Je descends rapidement au fond et suis Nicolas tel un rémora cherchant à s’agripper. Ken et Maya ne sont pas loin derrière. Onishi San reste dans le groupe tout en conservant son propre espace. En progressant vers le bas, je regarde dans le bleu et épie des requins pointe blanche du récif ainsi qu’un labre Napoléon qui se baladent à distance.

Notre randonnée sous l’eau a commencé ! Nous suivons lentement notre chemin sur le côté de la barrière de corail qui bourdonne de vie. Nicolas nous l’a répété plusieurs fois, le secret est de garder les yeux bien ouverts et d’attendre que le spectacle se déroule, naturellement.

“ Gardant le récif corallien sur notre gauche, nous apercevons une raie manta en plein vol. La majesté de cette créature réussit toujours à me couper le souffle. ”

Plus tard, nous réaliserons que cette même manta était aussi présente lors de nos précédentes plongées dans la passe de Rangiroa. Tout autour de nous, des débordements d’activité : un banc de poissons chirurgiens noirs (communément appelés “ume” en tahitien), un banc de carangues bleues, d’innombrables petites communautés de poissons papillons, des labres colorés en plein nettoyage d’autres poissons, des nasons, des zancles, des balistes Picasso et Titan, de nombreux perroquets de différentes tailles et couleurs et un couple de requins gris qui flâne dans le bleu. Au loin, un banc impressionnant de bécunes Chevron pressé de se déplacer se meut dans l’océan. Soudain à quelques mètres, le clou de spectacle, trois dauphins apparaissent devant nous certainement intrigués par notre présence. Nous attendions tous ce moment avec impatience, observer des grands dauphins, cette espèce splendide qui a fait la réputation de ce site dans le monde entier. Personne ne rata une seconde de leur ballet aquatique. Après quelques minutes de jeu ils sont reparti comme ils étaient venu, en un éclair. Je reste émerveillée, Nico me ramène alors aussitôt sur terre me faisant signe que la plongée continue…

Pendant que l’activité du récif continue de nous absorber, nous virons vers la gauche entrant ainsi dans la passe. Nous accédons à une petite plaine peu profonde où le mouvement de l’eau s’intensifie. Il faut une bonne présence d’esprit pour maintenir sa flottabilité, la gardant un peu négative pour que la houle entrante ne nous emporte pas. Arrivant à la fin de notre plongée, les paliers de sécurité s’imposent d’eux-mêmes.

Selon notre guide, cet endroit est comme une aire de repos, une zone de nettoyage et de récupération où beaucoup de poissons viennent pour un toilettage complet par les labres nettoyeurs. Installée confortablement dans mon palier, j’observe deux poissons chirurgiens blancs comme neige qui se font dorloter par un couple de labres colorés. Nicolas nous a expliqué que les poissons arrivaient généralement dans cet espace très « sales » et en ressortaient tout propres. Effectivement, les labres animent la zone. Comme la nature est bien faite… Nous assistons là à une de ces associations symbiotiques.
Nico attire soudain notre attention vers un grand barracuda solitaire. Il semble blessé et reste simplement stationnaire dans le courant entrant. C’est curieux de voir un poisson si imposant gisant là, immobile…

C’était une plongée époustouflante ! Et je sais maintenant pourquoi les plongeurs reviennent à Tiputa. Chaque plongée réserve bien des surprises. J’ai déjà hâte de mon prochain séjour à Rangiroa…

© Photos : S.Girardot, V.Truchet, G.LeBacon

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